# Frise multi-projets Un outil de **planification macro** : voir sur une seule frise chronologique où en est chaque projet, quelles sont ses grandes phases, et comment les projets se situent les uns par rapport aux autres. Ce n'est **pas** un outil de suivi quotidien : pas de sous-tâches, pas de tickets, pas de checklists. Une phase représente plusieurs semaines ou plusieurs mois de travail. ## Démarrer Récupérer le binaire de sa plateforme, le poser dans un dossier avec son planning, et le lancer — par un double-clic ou en ligne de commande : ```sh ./frise ``` Le navigateur s'ouvre tout seul. **Rien à installer** : l'interface est embarquée dans l'exécutable, qui ne dépend d'aucune bibliothèque système — pas même de la glibc. Il tourne tel quel sur n'importe quelle distribution, et sur une machine sans Python ni Node. Par défaut, le planning est le fichier `projets.json` **posé à côté de l'exécutable**. C'est ce qui permet de déposer les deux dans un dossier synchronisé (Dropbox, Nextcloud, Syncthing) et de retrouver son outil et ses données sur n'importe quelle machine. ``` 📁 Mon dossier synchronisé ├── frise ← l'exécutable └── projets.json ← le planning ``` Options : ```sh ./frise --port 9000 # imposer un port (sinon : le premier libre à partir de 8000) ./frise --data ~/plannings/2027.json # ouvrir un autre fichier ./frise --no-browser # ne pas ouvrir le navigateur ``` Au premier lancement, le planning est vide et aucun fichier n'est créé tant qu'on n'a rien saisi. Pour découvrir l'outil sur des données réalistes, copier `data/exemple.json` en `projets.json` à côté de l'exécutable. ### Compiler soi-même ```sh ./build.sh # les cinq plateformes, dans dist/ ./build.sh local # seulement la machine courante ``` Il faut [Go](https://go.dev) 1.22 ou plus récent, et rien d'autre : aucune dépendance externe, aucun `vendor/`. Les binaires des trois systèmes se produisent depuis une seule machine, sans intégration continue ni SDK tiers. ### Développer ```sh go run . --dev ``` Le mode `--dev` sert `index.html`, `css/` et `js/` **depuis le disque** plutôt que depuis le binaire : un simple rafraîchissement suffit à voir ses modifications, sans recompiler. Il lit alors `data/projets.json`, comme avant. ```sh go test ./... # le serveur node --test tests/ # le modèle métier ``` ## Prise en main **Nouveau projet** crée le projet aussitôt, sous un nom provisoire, et ouvre ses paramètres avec ce nom présélectionné : on tape simplement par-dessus. Il n'y a aucun formulaire à valider — ni ici, ni pour une phase. Tout s'applique au fil de la saisie, et un projet créé par erreur se supprime depuis son propre panneau. Dans la colonne de gauche, le **triangle** plie et déplie le couloir d'un projet, et un clic sur son **nom** ouvre ses paramètres : nom, couleur, tags. Deux commandes apparaissent au survol de la ligne, sur son bord droit : - **`+`** ajoute une phase à la suite de la dernière, et ouvre son panneau de détail ; - **`⋯`** ouvre le menu du projet : ajouter une phase, plier, masquer de la frise, renommer, figer la référence, supprimer. Un clic droit sur le libellé ouvre le même menu. Il n'y a pas de commande séparée pour créer un **jalon** : c'est une phase dont on coche la case « Jalon » dans le panneau, ce qui ramène sa fin sur son début. La bascule joue dans les deux sens à tout moment. La colonne se **redimensionne** en glissant la ligne qui la sépare de la frise, en haut à gauche : un double-clic revient à la largeur d'origine. Cette largeur est propre au navigateur, elle n'est pas enregistrée dans le planning. Une fois un projet en place : | Geste | Effet | |---|---| | Glisser le corps d'une barre | Décale la phase, durée conservée | | Glisser le bord d'une barre | Change la date de début ou de fin | | Clic sur une barre ou son nom | Ouvre le panneau de détail | | Clic sur une autre barre, panneau ouvert | Bascule le panneau sur cette phase | | Clic sur un nom de phase hors écran | Ramène la frise sur elle | | `←` `→` | Décale d'un jour la phase sélectionnée | | `Maj` + `←` `→` | Allonge ou raccourcit d'un jour | | `Échap` | Annule le glisser en cours, ou ferme le panneau | | Clic dans une zone vide | Ferme le panneau ouvert | | `Maj` + molette | Fait défiler la frise horizontalement | | `↑` `↓` dans un menu | Parcourt les entrées | Faire défiler jusqu'au bord droit élargit la frise vers le futur, et jusqu'au bord gauche vers le passé. Le bouton **Aujourd'hui** ramène la vue sur la date du jour. ### Filtrer par tag Un projet peut porter des **tags** — `client`, `interne`, `R&D` —, saisis séparés par des virgules dans le dialogue « Renommer, changer la couleur… ». Il n'y a pas de liste à tenir : les tags existants sont proposés en un clic, et un tag disparaît dès que plus aucun projet ne le porte. Ils s'affichent en petites pastilles colorées dans la colonne de gauche, et une barre de filtres apparaît sous la barre d'outils dès qu'un tag existe. Cliquer un tag — dans la barre de filtres ou directement sur la pastille d'un projet — restreint la frise à ceux qui le portent ; recliquer le retire. Cocher plusieurs tags **cumule les conditions** : `client` + `urgent` ne montre que les projets portant les deux. Le filtre n'est pas enregistré, il ne vaut que pour la session en cours. Le bouton **Tout afficher** le vide d'un coup. Les barres s'accrochent au lundi pendant le glisser. Pour une date au jour près, passer par les champs du panneau de détail. ## Ce que fait l'outil - **Plusieurs projets**, chacun décomposé en **phases** ayant un nom, des dates de début et de fin, un statut, des notes libres. Une phase peut être un **jalon** (une date unique, rendue en losange). - **Une frise commune**, les projets empilés en couloirs, pour les comparer d'un coup d'œil. - **Une barre cumulative par projet**, segmentée en teintes selon le statut de chaque phase : la forme d'ensemble, toujours visible sur la ligne du projet et toujours rendue pareil. Elle ne se glisse pas. - **Couloirs pliables** : déplié, chaque phase occupe sa ligne sous la barre cumulative ; plié, il ne reste que celle-ci. - **Manipulation directe** : glisser une barre pour la décaler, tirer ses bords pour changer sa durée. Les barres s'accrochent au lundi ; pour une date exacte, on passe par le panneau de détail. - **Planning de référence** : une fois le planning validé, on le fige. La frise affiche alors une barre fantôme sous la barre réelle et la dérive en semaines — de quoi répondre à « ce projet a-t-il glissé, et de combien ? ». - **Un en-tête à trois niveaux** — année, mois, numéro de semaine ISO — qui donne le repère temporel sans jamais descendre au jour : à cette échelle, la semaine suffit. Il n'y a qu'une seule échelle, donc aucun réglage de zoom à comprendre. - **Une frise sans fin** : elle s'élargit d'elle-même quand le défilement approche d'un bord, ce qui permet d'aller planifier dans un futur qu'aucune phase n'occupe encore. - **Des tags sur les projets**, et un filtre qui restreint la frise à ceux qui les portent tous. - **Repère « aujourd'hui »** et masquage d'un projet. ## Ce que l'outil ne fait pas Volontairement : pas de dépendances entre phases, pas de sous-tâches, pas de collaboration temps réel, pas d'authentification, pas de gestion de charge par personne, pas de notifications. Les durées se comptent en **jours calendaires** : ni week-ends ni jours fériés ne sont gérés. À l'échelle de phases de plusieurs semaines, la distinction n'apporte rien. Les raisons derrière ces choix sont détaillées dans [docs/decisions.md](docs/decisions.md). ## Où vivent les données Tout tient dans un fichier JSON, `data/projets.json`, décrit dans [docs/modele-donnees.md](docs/modele-donnees.md). Il est indenté et utilise des identifiants parlants (`site-web`, `cadrage`) plutôt que des UUID : il reste éditable à la main et lisible dans un diff git. **À l'ouverture**, le serveur copie le planning dans un dossier `backups/` voisin, horodaté : c'est l'état d'avant la séance, celui qu'on veut retrouver si elle tourne mal. Si le serveur reste allumé plusieurs jours, une copie est reprise au plus une fois par jour. Rouvrir l'outil sans avoir rien modifié ne laisse pas de trace. Cinquante sauvegardes sont conservées, les plus anciennes étant supprimées au fil de l'eau. Comme elles valent une par séance et non une par modification, cela représente des mois d'historique plutôt que la dernière demi-heure. Pour restaurer, **arrêter `frise` et fermer l'onglet d'abord** : l'application garde son planning en mémoire et sa prochaine sauvegarde écraserait ce qu'on vient de remettre en place. ```sh ls -lt backups/ # repérer la version voulue cp backups/projets-20260801-170352.json projets.json ``` Le planning n'est **pas versionné** : `.gitignore` exclut `projets.json`, ce dépôt ne contenant que le code. Seul `data/exemple.json` y figure, comme jeu de démonstration. **Pour synchroniser plusieurs machines**, déposer l'exécutable et son `projets.json` dans un espace synchronisé. L'option `--data` accepte n'importe quel chemin, le planning peut donc aussi vivre ailleurs que le binaire. Deux frictions propres à ce mode de distribution, qui touchent tout exécutable et pas seulement celui-ci : le bit d'exécution n'est pas toujours préservé par la synchronisation (`chmod +x frise` une fois par machine), et un binaire non signé déclenche un avertissement au premier lancement — SmartScreen sous Windows, Gatekeeper sous macOS. L'outil ne gère pas les conflits — si deux machines modifient le planning en même temps, la dernière écriture l'emporte. Les sauvegardes horodatées de `data/backups/` sont le filet de sécurité. ## Tests ```sh node --test # la logique métier go test ./... # le serveur ``` Côté navigateur : validation des dates, bornes d'un projet, calcul de dérive, génération des identifiants, normalisation et filtrage des tags. Côté serveur : lecture et écriture du planning, refus des corps invalides, rotation des sauvegardes, écriture atomique, résolution du chemin de données. Aucune dépendance de part ni d'autre, les lanceurs intégrés à Node et à Go suffisent. ## Organisation du code | Fichier | Rôle | |---|---| | `main.go` | Sert l'interface embarquée, expose `GET`/`PUT` sur `/api/data`, écrit les sauvegardes | | `build.sh` | Compile les binaires des cinq plateformes dans `dist/` | | `js/model.js` | Données et règles métier : CRUD, validation, bornes, référence, dérive, tags | | `js/storage.js` | Dialogue avec le serveur, sauvegarde debouncée, indicateur d'état | | `js/timeline.js` | Rendu de la frise : échelle, couloirs, barres, jalons, pli/dépli | | `js/drag.js` | Glisser et redimensionner les barres | | `js/detail.js` | Panneau de détail d'une phase | | `js/projet.js` | Panneau des paramètres d'un projet : nom, couleur, tags | | `js/menu.js` | Menu contextuel et dialogue de confirmation | | `js/app.js` | Amorçage, état en mémoire, câblage des événements | Le rendu utilise des éléments DOM positionnés en absolu, pas de SVG ni de bibliothèque Gantt. Les identifiants de code et les clés JSON sont en anglais ; l'interface, les commentaires et la documentation sont en français.