# Matrix — matrix.poneyworld.net Homeserver Synapse et ses satellites. Huit conteneurs : | Service | Rôle | Exposé sur | |---|---|---| | `synapse` | le homeserver | `synapse.poneyworld.net` (fédération) | | `db` | PostgreSQL 18 | — | | `redis` | Valkey, cache interne de Synapse (bloc `redis:` du homeserver) | — | | `nginx` | sert `/_matrix` (vers `synapse:8008`) et `/.well-known/matrix/` | `matrix.poneyworld.net` (API client) | | `web` | Element Web | `chat.poneyworld.net` | | `livekit` | SFU pour Element Call | `livekit.opytex.org` | | `lk-jwt` | délivre les jetons LiveKit à Element | `livekit.opytex.org/sfu/get`, `/get_token`, `/healthz` | | `coturn` | serveur TURN (appels 1-à-1) | ports 3478 / 5349 / 49160-49200 | Deux entrées différentes, à ne pas confondre : `matrix.poneyworld.net` est le `server_name` et l'API client, `synapse.poneyworld.net` est la cible de délégation annoncée par `/.well-known/matrix/server`, empruntée par les serveurs fédérés. Les deux sont vivantes. ## Déploiement Depuis ce dossier, sur chioggia : ```bash sops exec-env secrets.env.yaml 'docker compose up -d' ``` Les secrets sont déclarés `${VAR:?}` : **toute** commande `docker compose` échoue sans l'enveloppe `sops exec-env`, y compris `stop`, `logs`, `ps` et `exec`. Pour en enchaîner plusieurs, une seule enveloppe suffit : ```bash sops exec-env secrets.env.yaml ' docker compose stop synapse && docker compose exec -T db psql -U synapse synapse -c "..." && docker compose up -d ' ``` Après une rotation de secret, `docker compose up -d` répond « up to date » et garde l'ancienne valeur. Il faut `--force-recreate` sur le service concerné. ## Le nom de projet `name: matrix_poneyworld`, en tête du compose, ne suit pas le nom du dossier. C'est délibéré et c'est porteur : les volumes s'appellent `matrix_poneyworld_matrix_data` et `matrix_poneyworld_matrix_db`. **Retirer cette ligne, ou la modifier, rendrait invisibles les médias, les clés de signature du serveur, `homeserver.yaml` et toute la base — la stack repartirait sur un homeserver vide, sans la moindre erreur.** ## Où vit vraiment la configuration Presque rien de la configuration de Synapse n'est dans ce dépôt : elle est dans `/data/homeserver.yaml`, à l'intérieur du volume `matrix_data`. Les variables `SYNAPSE_*` de l'`env_file` ne sont lues que par le mode `generate` de l'image, au tout premier démarrage. Elles sont **inertes au runtime** : `SYNAPSE_ENABLE_REGISTRATION=yes` y cohabite sans conséquence avec un `enable_registration: False` effectif dans `homeserver.yaml`. Ne pas s'y fier pour lire l'état du serveur. Corollaire pour les secrets : `turn_shared_secret`, `macaroon_secret_key`, `registration_shared_secret` et le mot de passe de la base sont dans `homeserver.yaml`, donc **hors SOPS et hors dépôt**. Une rotation se fait des deux côtés (voir plus bas). ## Secrets Cinq valeurs dans `secrets.env.yaml`, injectées par `sops exec-env` : | Variable | Consommé par | |---|---| | `POSTGRES_PASSWORD` | `db` | | `LIVEKIT_KEY`, `LIVEKIT_SECRET` | `livekit` (via `LIVEKIT_KEYS`) et `lk-jwt` | | `TURN_STATIC_AUTH_SECRET`, `TURN_CLI_PASSWORD` | `coturn` | `LIVEKIT_KEY` tient plus de l'identifiant que du secret. Il est chiffré avec son secret parce que les deux se tournent toujours ensemble : les séparer sur deux mécanismes rendrait la rotation facile à ne faire qu'à moitié. ```bash sops edit secrets.env.yaml ``` ### Deux mécanismes différents pour deux logiciels Ni coturn ni LiveKit ne lisent une variable d'environnement depuis leur fichier de configuration — un fichier monté n'est pas interpolé par Compose. C'est le même problème que la clé LAPI de CrowdSec sur Traefik, mais les deux n'offrent pas la même sortie. **LiveKit** accepte la paire par variable d'environnement : `LIVEKIT_KEYS`, au format `clé: secret`. `livekit.yaml` n'a donc pas de bloc `keys:`, et la valeur est composée dans `environment:` du compose, où l'interpolation `${...}` s'applique. `lk-jwt` consomme les deux mêmes variables. **coturn** n'offre rien d'équivalent : pas d'interpolation dans `turnserver.conf`, pas d'option `...File`, pas de lecture d'environnement. La seule voie sans bricolage est la ligne de commande : ```yaml command: - -c - /etc/coturn/turnserver.conf - --static-auth-secret=${TURN_STATIC_AUTH_SECRET:?} - --cli-password=${TURN_CLI_PASSWORD:?} ``` Le compromis est là : les deux valeurs sont visibles dans `docker inspect coturn` et dans la table des processus de l'hôte. Un secret Compose ferait mieux, coturn ne sait pas le lire. `turnserver.conf` ne doit jamais porter de ligne `static-auth-secret=` ou `cli-password=` : ce serait un secret en clair dans le dépôt, et une seconde source concurrente de celle du `command:`. ### Rotation `turn_shared_secret` ne se change **pas seul** : la même valeur doit être identique dans `homeserver.yaml` (Synapse la signe) et côté coturn (il la vérifie). Deux valeurs différentes ne produisent aucune erreur au démarrage — les appels échouent simplement à établir un relais. ```bash sops edit secrets.env.yaml # TURN_STATIC_AUTH_SECRET # homeserver.yaml s'édite depuis l'hôte : l'image Synapse n'a pas d'éditeur. sudo vi "$(docker volume inspect matrix_poneyworld_matrix_data \ --format '{{.Mountpoint}}')/homeserver.yaml" # turn_shared_secret sops exec-env secrets.env.yaml ' docker compose up -d --force-recreate coturn && docker compose restart synapse ' ``` `macaroon_secret_key` (dans `homeserver.yaml`) signe les jetons d'accès : le changer **déconnecte tous les utilisateurs**, sur tous leurs appareils. Ce n'est pas une opération anodine, c'est une opération annoncée. `registration_shared_secret` (dans `homeserver.yaml`) n'est utilisé que par `register_new_matrix_user`. Il se change librement. `POSTGRES_PASSWORD` ne se change pas seul non plus : PostgreSQL ignore la variable sur un `PGDATA` déjà initialisé. Il faut un `ALTER USER` dans la base **et** la même valeur dans le bloc `database:` de `homeserver.yaml`. ## Volumes et sauvegarde | Volume | Contenu | Sauvegarde | |---|---|---| | `matrix_poneyworld_matrix_data` | médias, clé de signature du serveur, `homeserver.yaml` | label `backup.enable=true` + `MANUAL_VOLUMES` | | `matrix_poneyworld_matrix_db` | base PostgreSQL | dump SQL (`backup.type=postgres` sur `db`) | Les labels de volume ne s'appliquent qu'à la création : en ajouter ou en retirer un ne changerait rien au volume réel, mais ferait diverger sa déclaration, et Compose proposerait alors de le **recréer**. Ne pas toucher au bloc `volumes:` du compose. ### `POSTGRES_DB` conditionne le dump `backup_docker.sh` lit la base à dumper dans l'environnement du conteneur `db` : ```bash db_name=$(docker exec "$container" printenv POSTGRES_DB 2>/dev/null || echo "postgres") ``` Sans `POSTGRES_DB`, le repli s'applique : le script dumpe la base système `postgres`, vide, et journalise un succès. `POSTGRES_DB=synapse` dans l'`env_file` n'a pas d'autre fonction que d'être visible par ce `printenv` — PostgreSQL, lui, ne lit cette variable qu'à l'initialisation du cluster. Vérification, après tout changement touchant `db` : ```bash zcat /other/backups/db-dumps/matrix_poneyworld.sql.gz | grep -c "CREATE TABLE" ``` Un `0` signifie que la sauvegarde est vide. ## L'IP publique est écrite en dur, à deux endroits `coturn/turnserver.conf` (`external-ip`) et `livekit/livekit.yaml` (`node_ip`) portent tous deux l'adresse publique de chioggia, `188.165.240.182`. Les deux services tournent en bridge : ils ne voient qu'une IP privée et ne peuvent pas deviner celle qu'il faut annoncer aux clients. **Si la machine change d'adresse, ces deux fichiers doivent changer avec elle.** Aucun des deux ne le signalera : coturn et LiveKit démarrent normalement en annonçant une adresse erronée, et seuls les appels échouent — sans erreur dans les logs, puisque du point de vue des serveurs tout va bien. ## Le chemin des requêtes clientes `matrix.poneyworld.net` passe par Traefik, puis nginx, puis Synapse. Deux conséquences à ne pas défaire : - nginx doit propager la chaîne avec `$proxy_add_x_forwarded_for`, jamais `$remote_addr` : ce dernier vaut l'adresse de **Traefik**, et l'utiliser écrase l'en-tête posé en amont. Synapse voit alors tous les clients sous une seule adresse — la limitation de débit à la connexion devient un compteur partagé par tous les comptes, et les journaux d'authentification perdent leur intérêt. Côté Synapse, le listener 8008 doit porter `x_forwarded: true`. - `crowdsec@file` est posé sur les routeurs `matrix_nginx` (API client) et `element` (interface web), **délibérément pas sur `synapse`** : ce dernier sert la fédération, qui arrive de milliers de serveurs distants. Une décision de bannissement à cet endroit couperait les correspondants. Contrôle de la chaîne, une seule adresse en `172.x` signalant le problème : ```sql SELECT ip, count(*) FROM user_ips GROUP BY ip ORDER BY count DESC LIMIT 10; ``` ## Versions d'images Toutes les images sont épinglées au patch. Les tags d'amont ne suivent pas la même forme : `livekit-server` préfixe d'un `v`, `lk-jwt-service` non — bien que son tag *git* le porte. Le label OCI `org.opencontainers.image.version` du conteneur donne la forme du tag d'image, c'est lui qui fait foi. `livekit` et `lk-jwt` se montent ensemble : ils s'authentifient mutuellement et suivent le même protocole MatrixRTC. Références : - https://element-hq.github.io/synapse/latest/setup/turn/coturn.html - https://docs.livekit.io/home/self-hosting/deployment/