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gestion_projets/docs/decisions.md
Bertrand Benjamin 98ae311545 Frise multi-projets : outil de planification macro
Une frise chronologique unique où plusieurs projets s'empilent en couloirs
pliables, pour voir d'un coup d'œil où en est chacun et comment ils se situent
les uns par rapport aux autres. Ce n'est pas un outil de suivi quotidien : une
phase se compte en semaines, et il n'y a ni sous-tâches, ni tickets, ni
dépendances entre phases.

- Manipulation directe des barres (glisser, redimensionner), accrochées au lundi
- Couloirs pliables : plié, un projet devient une barre segmentée par phase
- Planning de référence figeable, avec barre fantôme et calcul de dérive
- En-tête à trois bandes : année, mois, numéro de semaine ISO 8601
- Frise qui s'élargit au défilement, pour planifier dans un futur encore vide
- Micro-serveur Python (bibliothèque standard) exposant GET/PUT sur /api/data,
  avec sauvegarde horodatée avant chaque écriture
- Zéro build : modules ES natifs, aucune dépendance à installer

50 tests unitaires sur la logique métier (node --test, sans dépendance).
Vérifié dans Chromium et Firefox.

Les arbitrages de conception et surtout leurs raisons sont consignés dans
docs/decisions.md — notamment l'abandon des dépendances entre phases, de la
File System Access API, du SVG et des niveaux de zoom.

Co-Authored-By: Claude Opus 5 <noreply@anthropic.com>
2026-07-31 06:53:57 +02:00

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# Décisions de conception
Ce document garde la trace des arbitrages et surtout de leurs raisons, pour éviter de refaire les
mêmes débats dans six mois.
## 1. Pourquoi un outil sur-mesure
Les suites complètes (Redmine, Taiga, OpenProject) exigent un serveur applicatif et une base de
données à administrer — hors de proportion avec le besoin. Les mini-outils « un seul fichier HTML »
sont des Kanban sans dates.
[Markwhen](https://markwhen.com) est le concurrent sérieux : timeline en couloirs engendrée depuis du
texte markdown-ish, open source, self-hostable, avec extension VS Code et vue Gantt. Il couvre une
bonne partie du besoin.
Deux choses manquent, et ce sont elles qui justifient ce projet :
- la **manipulation directe** des barres (glisser, redimensionner) ;
- le **suivi de dérive** face à un planning de référence figé.
Si ces deux besoins disparaissaient, il faudrait sérieusement envisager d'abandonner cet outil au
profit de Markwhen.
## 2. Pas de dépendances entre phases
Une première version du cahier des charges prévoyait des dépendances fin→début avec propagation en
cascade. Abandonné.
Le coût est très supérieur à ce qu'il paraît : graphe orienté, détection de cycles, et surtout une
sémantique de propagation à trancher — la poussée est-elle une contrainte dure ou souple, la marge
existante est-elle conservée, avancer un prédécesseur tire-t-il ses successeurs en arrière, que
faire d'une date imposée de l'extérieur. Chacune de ces questions a plusieurs réponses défendables,
et se tromper produit un outil qui déplace des barres dans le dos de l'utilisateur.
En regard, le bénéfice réel en planification macro est faible. Le besoin concret — « ce projet glisse
d'un mois » — se traite en décalant les phases concernées à la main, ce qui prend quelques secondes
sur un projet de cinq ou six phases.
**Conséquence heureuse** : sans flèches à tracer entre les barres, le SVG perd sa raison d'être (voir
décision 4).
## 3. Micro-serveur Python plutôt que File System Access API
La première approche envisagée était d'écrire directement dans le fichier depuis le navigateur, via
`showOpenFilePicker` / `createWritable`, pour se passer de tout back-end.
Sauf que cette API exige un **contexte sécurisé** : elle ne fonctionne pas depuis `file://`. Il
fallait donc de toute façon lancer un serveur statique. Le « zéro back-end » était perdu d'avance,
tout en payant trois prix : limitation aux navigateurs Chromium, re-autorisation du sélecteur de
fichier à chaque session, et maintien d'un chemin de repli export/import pour Firefox et Safari,
doublé d'un miroir `localStorage`.
Puisqu'une commande doit être lancée dans tous les cas, autant qu'elle serve à quelque chose. Un
serveur de la bibliothèque standard, `GET` et `PUT` sur `/api/data`, tient en une centaine de lignes
— soit **moins** de code que l'API navigateur plus son repli plus son miroir. Et il fonctionne
partout, sans sélecteur à réautoriser.
Bénéfice supplémentaire : le serveur peut écrire une sauvegarde horodatée à chaque écriture, ce que
la File System Access API ne permettait pas simplement.
## 4. DOM et CSS plutôt que SVG
Le SVG s'imposait tant qu'il fallait tracer des flèches courbes entre des barres. Les dépendances
supprimées, il ne reste que des rectangles, du texte et des losanges.
Des `div` positionnées en absolu font tout cela plus simplement : troncature du texte par
`text-overflow`, curseurs de redimensionnement, styles de survol, transitions, tout est natif en CSS.
En SVG il faudrait mesurer le texte à la main et réimplémenter des comportements que le navigateur
offre gratuitement. Les losanges de jalon se font par une rotation CSS de 45°.
## 5. Identifiants parlants plutôt qu'UUID
Le fichier de données est censé rester ouvrable dans un éditeur de texte et versionné dans git. Des
UUID rendent les deux pénibles : impossible de savoir quelle phase on lit, et un diff illisible.
`site-web` et `cadrage` coûtent la même chose à manipuler et gardent le fichier compréhensible. La
contrepartie — gérer les collisions à la création — est traitée par un suffixe numérique.
Un identifiant ne change **jamais** quand le nom est modifié : il identifie, il ne décrit pas.
Renommer une phase ne doit pas invalider les références qui pointent vers elle.
## 6. Statut plutôt que pourcentage d'avancement
Un pourcentage d'avancement sur une phase macro de plusieurs semaines est presque toujours un chiffre
inventé, et il donne une fausse impression de précision. Quatre statuts — à venir, en cours, terminé,
bloqué — se saisissent en un clic et disent l'essentiel. `blocked` en particulier porte une
information qu'un pourcentage ne peut pas exprimer.
## 7. Jours calendaires
Gérer les jours ouvrés impose de faire passer chaque calcul de date par un helper, et soulève
aussitôt la question des congés et des jours fériés — donc un calendrier à tenir à jour. Sur des
phases qui se comptent en semaines et en mois, l'écart est dans le bruit de l'estimation.
## 8. Le mode plié est en lecture seule
Un couloir plié affiche une barre unique segmentée par phase. On aurait pu rendre cette barre
glissable pour décaler tout le projet en bloc.
Écarté pour une raison de lisibilité du geste : la même barre représenterait tantôt une phase, tantôt
un projet entier, et un glissement de quelques pixels déplacerait alors plusieurs mois de travail
d'un coup, sans que l'utilisateur voie ce qui bouge. Le mode plié sert à regarder ; pour modifier, on
déplie.
## 9. Accroche à la semaine
Au zoom trimestre, un jour représente quelques pixels : viser une date précise à la souris devient
un exercice de patience. L'accroche au lundi rend le geste franc et correspond à la granularité
réelle d'une planification macro.
Les dates exactes restent saisissables au clavier dans le panneau de détail, ce qui couvre les cas
où une phase doit démarrer un jeudi précis.
## 10. Zéro build
Modules ES natifs, chargés directement par le navigateur. Pas de `package.json`, pas de bundler, pas
de `node_modules`. Le fichier qu'on lit dans l'éditeur est exactement celui qu'exécute le navigateur,
ce qui rend le débogage direct et l'outil reprenable dans plusieurs années sans exhumer une chaîne de
compilation obsolète.
Node n'est utilisé que pour lancer les tests, via son lanceur intégré (`node --test`), sans aucune
dépendance.
## 11. Un en-tête à trois bandes, la semaine pour grain le plus fin
L'en-tête affichait une seule rangée de graduations dont le contenu changeait selon le
zoom : des quantièmes en vue semaine, des noms de mois en vue trimestre. Il fallait
deviner l'unité affichée, et l'année n'apparaissait qu'au zoom le plus large.
Trois bandes empilées — **année**, **mois**, **numéro de semaine ISO** — lèvent
l'ambiguïté : les trois repères sont toujours là, quel que soit le zoom. Chaque cellule
est un bloc couvrant exactement son intervalle, ce qui centre le libellé sur la période
qu'il désigne au lieu de le laisser flotter après un trait.
Le jour a disparu : sur des phases qui se comptent en semaines, il n'apportait rien et
encombrait l'affichage. Le zoom ne change donc plus l'unité, seulement la largeur des
mêmes semaines.
Les numéros suivent l'**ISO 8601** : la semaine appartient à l'année où tombe son jeudi.
C'est pourquoi `semaineISO()` renvoie l'année en même temps que le numéro — afficher
« S53 » sous un bandeau « 2027 » serait faux, alors que le 1er janvier 2027 est bien en
semaine 53 de 2026.
## 12. Défilement natif sur les deux axes plutôt que synchronisé en JavaScript
La colonne des libellés était un conteneur séparé, recalé sur le défilement vertical de
la frise par un `translateY` appliqué à chaque événement `scroll`. Deux défauts : un
décalage visible d'une image sur les défilements rapides, et deux systèmes de coordonnées
à tenir cohérents.
Tout tient désormais dans un unique conteneur défilant, découpé en grille 2×2 : l'en-tête
est `sticky top`, la colonne des libellés `sticky left`, et le coin les deux à la fois. Le
navigateur gère seul le défilement des deux axes. Le code de synchronisation a disparu.
## 13. Menu contextuel plutôt que `prompt()` et `confirm()`
Les actions d'un projet passaient par un `prompt()` listant des numéros d'action à saisir
au clavier, et les suppressions par un `confirm()`. C'était rapide à écrire et pénible à
utiliser : rien n'indiquait qu'il fallait cliquer sur le nom du projet, et ces boîtes
natives bloquent le fil d'exécution.
Un bouton `⋯` explicite ouvre maintenant un vrai menu, navigable au clavier, où les
actions indisponibles sont grisées plutôt qu'absentes — « Retirer la référence » reste
visible quand aucune référence n'est figée, ce qui apprend que la fonction existe.
Les dialogues s'appuient sur l'élément `<dialog>` natif, qui fournit le voile, le piège à
focus, la fermeture par Échap et la restauration du focus sans code supplémentaire. Sur
une action destructrice, le focus initial se pose sur « Annuler » : un appui réflexe sur
Entrée ne doit rien détruire.
Une exception assumée : ajouter une phase ne demande pas son nom dans un dialogue. La
phase est créée immédiatement à la suite de la précédente, et le panneau de détail
s'ouvre avec le nom présélectionné — l'utilisateur tape simplement par-dessus. Un
dialogue de plus n'aurait rien apporté.
## 14. Une seule échelle, pas de zoom
Trois niveaux de zoom — semaine, mois, trimestre — étaient proposés. Retirés.
Depuis que l'en-tête empile l'année, le mois et le numéro de semaine (décision 11), les
trois repères utiles sont lisibles en permanence. Le zoom ne résolvait plus qu'un problème
qu'il avait lui-même créé : savoir quelle unité on regardait. Il restait un réglage de
plus à comprendre, un état de plus à gérer, et un chemin de code de plus à tester.
L'échelle unique est de **6 pixels par jour**, soit 42 pixels par semaine : assez pour que
« S32 » tienne dans sa cellule, assez serré pour qu'une année tienne dans une fenêtre de
portable.
## 15. Une frise qui s'élargit au défilement
La fenêtre affichée se déduisait des bornes des phases existantes, avec une marge fixe.
Conséquence gênante : impossible d'aller regarder un futur vide pour y planifier. La frise
s'arrêtait là où s'arrêtaient les données.
La fenêtre est désormais un **état de vue** distinct des données. Elle démarre autour des
phases existantes, puis s'élargit de six mois dès que le défilement passe à moins de
400 pixels d'un bord. On peut ainsi partir vers 2031, y poser une phase, et revenir.
Deux subtilités :
- **Élargir vers la gauche déplace l'origine de l'échelle**, donc tout le contenu se
décale vers la droite. On compense `scrollLeft` de la même quantité, sans quoi la vue
sauterait en arrière à chaque élargissement. Un drapeau empêche l'ajustement de
relancer le gestionnaire de défilement.
- **La fenêtre ne rétrécit jamais**, même si les phases se resserrent : le terrain déjà
exploré doit rester atteignable.
L'élargissement s'arrête à **dix ans de part et d'autre des données**. Ce n'est donc pas
infini au sens strict — c'est un garde-fou : rien n'est virtualisé, et un défilement
prolongé ferait autrement enfler le DOM sans limite. À l'échelle d'une planification
macro, dix ans dépassent largement l'horizon utile.
Corollaire : le recentrage est instantané, jamais animé. Sur une frise qui peut atteindre
plusieurs dizaines de milliers de pixels, une animation serait lente, et le gestionnaire
de défilement l'interromprait en élargissant la fenêtre au passage près d'un bord.
Attention en modifiant `centrerSur` : `scrollLeft` porte sur la grille entière, dont la
première colonne est celle des libellés. Comme elle est `sticky`, elle masque en
permanence les premiers pixels de la vue, et le centre utile des couloirs est décalé
d'une demi-largeur de colonne par rapport au centre de la frise.