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gestion_projets/docs/decisions.md
Bertrand Benjamin eaca2f7813 Revoir l'ergonomie des panneaux et de la colonne des projets
Les panneaux d'édition étaient modaux et la colonne de gauche tronquait
tout ce qu'elle portait. Sept corrections, mesurées sur data/exemple.json.

Panneaux
- Le voile qui recouvrait la page disparaît : la frise reste manipulable
  pendant l'édition, et cliquer une autre barre y bascule la sélection.
  Il rendait aussi le raccourci flèches inatteignable, le focus partant
  dans le champ « Nom » sans qu'on puisse cliquer ailleurs pour en sortir.
- Un clic dans une zone inerte referme le panneau : ce que rendait le
  voile, sans le calque qui figeait la frise.
- Les paramètres d'un projet quittent le <dialog> modal pour le même
  panneau qu'une phase, avec la même édition au fil de la saisie.
  « Nouveau projet » crée donc le projet aussitôt, comme le fait déjà
  l'ajout d'une phase : plus aucune création ne passe par un formulaire.

Colonne des projets
- Le nom ne disposait que de 56 px sur 250, et « client » s'affichait
  « c. ». Les commandes passent en surimpression au survol, les tags
  cèdent en bloc derrière un compteur, et le nom cède en dernier.
- La colonne se redimensionne, largeur conservée dans localStorage.
- L'œil disparaît : il faisait doublon avec l'entrée « Masquer » du menu.
  Un « + » le remplace, l'ajout d'une phase étant l'action la plus
  fréquente, et le nom du projet devient cliquable — il portait déjà un
  curseur « main » sans aucune action derrière.
- Plus de commande « Ajouter un jalon » : un jalon est une phase dont on
  coche la case, pas un autre objet.

Frise
- Le nom d'une phase reste accroché au bord visible quand sa barre
  s'enfonce sous la colonne.
- Cliquer un nom de phase hors écran ramène la frise sur elle.
- La barre cumulative d'un projet s'affiche aussi quand il est déplié,
  amincie pour ne pas se faire passer pour une barre de phase.

Arbitrages consignés dans docs/decisions.md, sections 8 et 17 à 21.

Co-Authored-By: Claude Opus 5 <noreply@anthropic.com>
2026-08-01 10:58:47 +02:00

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# Décisions de conception
Ce document garde la trace des arbitrages et surtout de leurs raisons, pour éviter de refaire les
mêmes débats dans six mois.
## 1. Pourquoi un outil sur-mesure
Les suites complètes (Redmine, Taiga, OpenProject) exigent un serveur applicatif et une base de
données à administrer — hors de proportion avec le besoin. Les mini-outils « un seul fichier HTML »
sont des Kanban sans dates.
[Markwhen](https://markwhen.com) est le concurrent sérieux : timeline en couloirs engendrée depuis du
texte markdown-ish, open source, self-hostable, avec extension VS Code et vue Gantt. Il couvre une
bonne partie du besoin.
Deux choses manquent, et ce sont elles qui justifient ce projet :
- la **manipulation directe** des barres (glisser, redimensionner) ;
- le **suivi de dérive** face à un planning de référence figé.
Si ces deux besoins disparaissaient, il faudrait sérieusement envisager d'abandonner cet outil au
profit de Markwhen.
## 2. Pas de dépendances entre phases
Une première version du cahier des charges prévoyait des dépendances fin→début avec propagation en
cascade. Abandonné.
Le coût est très supérieur à ce qu'il paraît : graphe orienté, détection de cycles, et surtout une
sémantique de propagation à trancher — la poussée est-elle une contrainte dure ou souple, la marge
existante est-elle conservée, avancer un prédécesseur tire-t-il ses successeurs en arrière, que
faire d'une date imposée de l'extérieur. Chacune de ces questions a plusieurs réponses défendables,
et se tromper produit un outil qui déplace des barres dans le dos de l'utilisateur.
En regard, le bénéfice réel en planification macro est faible. Le besoin concret — « ce projet glisse
d'un mois » — se traite en décalant les phases concernées à la main, ce qui prend quelques secondes
sur un projet de cinq ou six phases.
**Conséquence heureuse** : sans flèches à tracer entre les barres, le SVG perd sa raison d'être (voir
décision 4).
## 3. Micro-serveur Python plutôt que File System Access API
La première approche envisagée était d'écrire directement dans le fichier depuis le navigateur, via
`showOpenFilePicker` / `createWritable`, pour se passer de tout back-end.
Sauf que cette API exige un **contexte sécurisé** : elle ne fonctionne pas depuis `file://`. Il
fallait donc de toute façon lancer un serveur statique. Le « zéro back-end » était perdu d'avance,
tout en payant trois prix : limitation aux navigateurs Chromium, re-autorisation du sélecteur de
fichier à chaque session, et maintien d'un chemin de repli export/import pour Firefox et Safari,
doublé d'un miroir `localStorage`.
Puisqu'une commande doit être lancée dans tous les cas, autant qu'elle serve à quelque chose. Un
serveur de la bibliothèque standard, `GET` et `PUT` sur `/api/data`, tient en une centaine de lignes
— soit **moins** de code que l'API navigateur plus son repli plus son miroir. Et il fonctionne
partout, sans sélecteur à réautoriser.
Bénéfice supplémentaire : le serveur peut écrire une sauvegarde horodatée à chaque écriture, ce que
la File System Access API ne permettait pas simplement.
## 4. DOM et CSS plutôt que SVG
Le SVG s'imposait tant qu'il fallait tracer des flèches courbes entre des barres. Les dépendances
supprimées, il ne reste que des rectangles, du texte et des losanges.
Des `div` positionnées en absolu font tout cela plus simplement : troncature du texte par
`text-overflow`, curseurs de redimensionnement, styles de survol, transitions, tout est natif en CSS.
En SVG il faudrait mesurer le texte à la main et réimplémenter des comportements que le navigateur
offre gratuitement. Les losanges de jalon se font par une rotation CSS de 45°.
## 5. Identifiants parlants plutôt qu'UUID
Le fichier de données est censé rester ouvrable dans un éditeur de texte et versionné dans git. Des
UUID rendent les deux pénibles : impossible de savoir quelle phase on lit, et un diff illisible.
`site-web` et `cadrage` coûtent la même chose à manipuler et gardent le fichier compréhensible. La
contrepartie — gérer les collisions à la création — est traitée par un suffixe numérique.
Un identifiant ne change **jamais** quand le nom est modifié : il identifie, il ne décrit pas.
Renommer une phase ne doit pas invalider les références qui pointent vers elle.
## 6. Statut plutôt que pourcentage d'avancement
Un pourcentage d'avancement sur une phase macro de plusieurs semaines est presque toujours un chiffre
inventé, et il donne une fausse impression de précision. Quatre statuts — à venir, en cours, terminé,
bloqué — se saisissent en un clic et disent l'essentiel. `blocked` en particulier porte une
information qu'un pourcentage ne peut pas exprimer.
## 7. Jours calendaires
Gérer les jours ouvrés impose de faire passer chaque calcul de date par un helper, et soulève
aussitôt la question des congés et des jours fériés — donc un calendrier à tenir à jour. Sur des
phases qui se comptent en semaines et en mois, l'écart est dans le bruit de l'estimation.
## 8. La barre cumulative est en lecture seule
La ligne d'un projet porte une barre unique segmentée par phase, qui donne sa forme d'ensemble. On
aurait pu la rendre glissable pour décaler tout le projet en bloc.
Écarté pour une raison de lisibilité du geste : la même barre représenterait tantôt une phase, tantôt
un projet entier, et un glissement de quelques pixels déplacerait alors plusieurs mois de travail
d'un coup, sans que l'utilisateur voie ce qui bouge. Elle sert à regarder ; pour modifier, on agit
sur les phases.
**Elle est affichée que le projet soit plié ou déplié.** Elle ne l'était d'abord qu'en mode plié, ce
qui obligeait à replier pour savoir où en était le projet entier — donc à perdre la vue qu'on était
en train d'éditer. Dépliée, elle voisine avec les barres de phases : elle s'amincit alors pour qu'on
ne la prenne pas pour l'une d'elles, et le fantôme de référence s'amincit avec elle.
## 9. Accroche à la semaine
Au zoom trimestre, un jour représente quelques pixels : viser une date précise à la souris devient
un exercice de patience. L'accroche au lundi rend le geste franc et correspond à la granularité
réelle d'une planification macro.
Les dates exactes restent saisissables au clavier dans le panneau de détail, ce qui couvre les cas
où une phase doit démarrer un jeudi précis.
## 10. Zéro build
Modules ES natifs, chargés directement par le navigateur. Pas de `package.json`, pas de bundler, pas
de `node_modules`. Le fichier qu'on lit dans l'éditeur est exactement celui qu'exécute le navigateur,
ce qui rend le débogage direct et l'outil reprenable dans plusieurs années sans exhumer une chaîne de
compilation obsolète.
Node n'est utilisé que pour lancer les tests, via son lanceur intégré (`node --test`), sans aucune
dépendance.
## 11. Un en-tête à trois bandes, la semaine pour grain le plus fin
L'en-tête affichait une seule rangée de graduations dont le contenu changeait selon le
zoom : des quantièmes en vue semaine, des noms de mois en vue trimestre. Il fallait
deviner l'unité affichée, et l'année n'apparaissait qu'au zoom le plus large.
Trois bandes empilées — **année**, **mois**, **numéro de semaine ISO** — lèvent
l'ambiguïté : les trois repères sont toujours là, quel que soit le zoom. Chaque cellule
est un bloc couvrant exactement son intervalle, ce qui centre le libellé sur la période
qu'il désigne au lieu de le laisser flotter après un trait.
Le jour a disparu : sur des phases qui se comptent en semaines, il n'apportait rien et
encombrait l'affichage. Le zoom ne change donc plus l'unité, seulement la largeur des
mêmes semaines.
Les numéros suivent l'**ISO 8601** : la semaine appartient à l'année où tombe son jeudi.
C'est pourquoi `semaineISO()` renvoie l'année en même temps que le numéro — afficher
« S53 » sous un bandeau « 2027 » serait faux, alors que le 1er janvier 2027 est bien en
semaine 53 de 2026.
## 12. Défilement natif sur les deux axes plutôt que synchronisé en JavaScript
La colonne des libellés était un conteneur séparé, recalé sur le défilement vertical de
la frise par un `translateY` appliqué à chaque événement `scroll`. Deux défauts : un
décalage visible d'une image sur les défilements rapides, et deux systèmes de coordonnées
à tenir cohérents.
Tout tient désormais dans un unique conteneur défilant, découpé en grille 2×2 : l'en-tête
est `sticky top`, la colonne des libellés `sticky left`, et le coin les deux à la fois. Le
navigateur gère seul le défilement des deux axes. Le code de synchronisation a disparu.
## 13. Menu contextuel plutôt que `prompt()` et `confirm()`
Les actions d'un projet passaient par un `prompt()` listant des numéros d'action à saisir
au clavier, et les suppressions par un `confirm()`. C'était rapide à écrire et pénible à
utiliser : rien n'indiquait qu'il fallait cliquer sur le nom du projet, et ces boîtes
natives bloquent le fil d'exécution.
Un bouton `⋯` explicite ouvre maintenant un vrai menu, navigable au clavier, où les
actions indisponibles sont grisées plutôt qu'absentes — « Retirer la référence » reste
visible quand aucune référence n'est figée, ce qui apprend que la fonction existe.
Les dialogues s'appuient sur l'élément `<dialog>` natif, qui fournit le voile, le piège à
focus, la fermeture par Échap et la restauration du focus sans code supplémentaire. Sur
une action destructrice, le focus initial se pose sur « Annuler » : un appui réflexe sur
Entrée ne doit rien détruire.
Une exception assumée : ajouter une phase ne demande pas son nom dans un dialogue. La
phase est créée immédiatement à la suite de la précédente, et le panneau de détail
s'ouvre avec le nom présélectionné — l'utilisateur tape simplement par-dessus. Un
dialogue de plus n'aurait rien apporté.
## 14. Une seule échelle, pas de zoom
Trois niveaux de zoom — semaine, mois, trimestre — étaient proposés. Retirés.
Depuis que l'en-tête empile l'année, le mois et le numéro de semaine (décision 11), les
trois repères utiles sont lisibles en permanence. Le zoom ne résolvait plus qu'un problème
qu'il avait lui-même créé : savoir quelle unité on regardait. Il restait un réglage de
plus à comprendre, un état de plus à gérer, et un chemin de code de plus à tester.
L'échelle unique est de **6 pixels par jour**, soit 42 pixels par semaine : assez pour que
« S32 » tienne dans sa cellule, assez serré pour qu'une année tienne dans une fenêtre de
portable.
## 15. Une frise qui s'élargit au défilement
La fenêtre affichée se déduisait des bornes des phases existantes, avec une marge fixe.
Conséquence gênante : impossible d'aller regarder un futur vide pour y planifier. La frise
s'arrêtait là où s'arrêtaient les données.
La fenêtre est désormais un **état de vue** distinct des données. Elle démarre autour des
phases existantes, puis s'élargit de six mois dès que le défilement passe à moins de
400 pixels d'un bord. On peut ainsi partir vers 2031, y poser une phase, et revenir.
Deux subtilités :
- **Élargir vers la gauche déplace l'origine de l'échelle**, donc tout le contenu se
décale vers la droite. On compense `scrollLeft` de la même quantité, sans quoi la vue
sauterait en arrière à chaque élargissement. Un drapeau empêche l'ajustement de
relancer le gestionnaire de défilement.
- **La fenêtre ne rétrécit jamais**, même si les phases se resserrent : le terrain déjà
exploré doit rester atteignable.
L'élargissement s'arrête à **dix ans de part et d'autre des données**. Ce n'est donc pas
infini au sens strict — c'est un garde-fou : rien n'est virtualisé, et un défilement
prolongé ferait autrement enfler le DOM sans limite. À l'échelle d'une planification
macro, dix ans dépassent largement l'horizon utile.
Corollaire : le recentrage est instantané, jamais animé. Sur une frise qui peut atteindre
plusieurs dizaines de milliers de pixels, une animation serait lente, et le gestionnaire
de défilement l'interromprait en élargissant la fenêtre au passage près d'un bord.
Attention en modifiant `centrerSur` : `scrollLeft` porte sur la grille entière, dont la
première colonne est celle des libellés. Comme elle est `sticky`, elle masque en
permanence les premiers pixels de la vue, et le centre utile des couloirs est décalé
d'une demi-largeur de colonne par rapport au centre de la frise.
## 16. Tags libres et filtre conjonctif
Passé une dizaine de projets, la frise devient un mur : on veut n'y voir que les projets
clients, ou que ceux d'un pôle. D'où des **tags** sur le projet, et un filtre.
**Étiquettes libres, pas de référentiel.** Aucune liste de tags autorisés n'est tenue
quelque part : les tags disponibles sont ceux que portent les projets, et un tag disparaît
de la barre de filtres dès qu'il n'orne plus rien. Un référentiel séparé aurait exigé une
interface pour le gérer, et se serait désynchronisé. La contrepartie — la dérive
orthographique, « client », « Clients », « client final » — est traitée par deux gardes :
la comparaison ignore la casse, et le dialogue d'un projet propose en un clic les tags déjà
employés ailleurs.
**Le filtre exige *tous* les tags cochés**, pas au moins un. Cocher un tag de plus resserre
donc toujours la sélection : on part du tout et on élague, sans jamais voir la frise se
repeupler en cochant. La disjonction se comporte à l'inverse, et il faut alors relire la
liste des tags actifs pour savoir dans quel sens la prochaine case va jouer.
**Le filtre n'est pas enregistré.** C'est un état de vue, comme la fenêtre temporelle
(décision 15) : un filtre qui survivrait au rechargement rouvrirait le planning amputé sans
qu'on se souvienne pourquoi. Le masquage d'un projet (`hidden`), lui, est bien enregistré —
et les deux ne font pas la même chose :
| | Filtre par tags | Masquage (`hidden`) |
|---|---|---|
| Portée | La vue entière, libellé compris | Les barres seules, le libellé reste grisé |
| Durée de vie | La session | Enregistré dans le fichier |
| Question posée | « Je ne regarde que les projets clients » | « Ce projet existe, mais il encombre ma frise » |
Le masquage n'a plus de bouton dédié dans la colonne : voir décision 20.
**La couleur d'un tag est calculée, pas choisie** : une teinte HSL dérivée du nom par
hachage. Rien à stocker, rien à saisir, et le même tag garde sa couleur partout. Des
collisions de teinte sont possibles et sans gravité — le nom est toujours écrit à côté.
**Un tag trop long est tronqué, pas refusé.** Contrairement à une date invalide, qui bloque
le chargement en nommant le fautif, la longueur d'un tag est cosmétique : refuser d'ouvrir
un planning entier pour un libellé bavard serait disproportionné. La limite est donc
appliquée en normalisant, ce qui la rend vraie par construction — aussi bien pour un fichier
édité à la main que pour une saisie dans le dialogue.
Créer un projet alors qu'un filtre est actif **préremplit ses tags** avec ceux du filtre :
sans cela, le nouveau venu naîtrait invisible, hors de la vue depuis laquelle on vient de le
demander.
## 17. Le panneau de détail n'est pas modal
Le panneau s'ouvrait derrière un voile couvrant toute la page. L'intention était
raisonnable — concentrer l'attention sur la phase en cours d'édition —, mais elle
allait contre ce que fait un outil de frise : on y compare, on passe d'une phase à
la suivante, on ajuste en regardant le voisinage.
Trois conséquences, dont deux invisibles à la lecture du code :
- passer d'une phase à l'autre imposait fermer, cliquer, rouvrir, alors que c'est
le geste le plus fréquent de l'outil ;
- le raccourci `←` `→` était **inatteignable**. Le panneau plaçait le focus dans
le champ « Nom », et `app.js` ignore les flèches quand la frappe part dans un
`input` — pour en sortir il aurait fallu cliquer ailleurs, ce que le voile
interdisait précisément ;
- le rafraîchissement du panneau depuis la frise, prévu pour qu'un glisser se
reflète dans les champs, ne pouvait jamais se produire à la souris.
Le voile a donc disparu. Le panneau reste posé sur le bord droit, la frise
continue de vivre derrière lui, et cliquer une autre barre y bascule la
sélection. Le focus se pose sur le panneau lui-même — assez pour que le clavier
le suive, pas assez pour capturer les flèches. Le champ « Nom » n'est
présélectionné que pour une phase fraîchement créée, dont le nom provisoire est
justement là pour être écrasé.
**Cliquer à côté ferme quand même.** C'était le seul service que rendait le
voile, et il ne valait pas la frise inerte qu'il coûtait. Un écouteur sur
`document` le rend sans calque : il ferme les panneaux au `pointerdown`, sauf
sur deux familles de cibles.
- Les **surfaces protégées** — un panneau, le menu, un dialogue, la poignée de
colonne — où l'on est manifestement au travail.
- Les **cibles ouvrantes** : une barre, une poignée de barre, un libellé de
phase, tout élément portant `data-action`. Leur propre gestionnaire ouvre déjà
le bon panneau, et les faire passer par la fermeture générale serait pire
qu'inutile : celle-ci redessine la frise, ce qui détacherait du DOM l'élément
visé avant que son gestionnaire — ou le glisser qui commence peut-être — n'ait
fini. C'est aussi pourquoi `fermer()` sort tout de suite quand le panneau est
déjà fermé : sans cette garde, chaque clic dans le vide relancerait un rendu
complet.
Échap et la croix restent les deux autres façons de fermer.
## 18. La colonne des libellés est redimensionnable
La colonne portait, sur 250 pixels fixes, le triangle de pli, le nom, les tags,
l'étiquette de dérive, l'œil et le menu. Sur le jeu d'exemple, il ne restait que
**56 pixels au nom** : « Refonte du site web » s'affichait « Refon… », pendant que
« client » se réduisait à « c. ». Le pire des deux mondes — des pastilles qui
occupaient la place d'un tag sans en livrer le nom.
Trois corrections, dans l'ordre de leur rendement :
- **Les commandes passent en surimpression**, révélées au survol de la ligne.
Ce sont des actions occasionnelles ; elles coûtaient soixante pixels en
permanence à une information lue en continu. Elles sont posées en `absolute`,
et non retirées du flux au repos, pour que rien ne se déplace à l'approche du
curseur. Elles restent visibles sans survol sur un projet masqué, seul chemin
pour le rétablir.
- **Les tags cèdent en bloc plutôt que de rétrécir.** Deux pastilles au plus,
puis un compteur `+N` dont l'infobulle donne les manquants. Un tag présent dans
le filtre courant passe devant : c'est lui qui explique la présence du projet à
l'écran, il ne doit pas tomber dans le compteur.
- **Le nom cède en dernier**, et pas en deçà de sept caractères.
Restait qu'aucune largeur ne convient à la fois à « Site web » et à « Refonte du
portail fournisseurs — lot 2 ». D'où une poignée dans le coin de la grille —
seul point de la colonne qui reste visible quel que soit le défilement —, avec
double-clic pour revenir au défaut et flèches au clavier.
**Cette largeur est conservée, dans `localStorage`.** C'est la première entorse à
la règle des décisions 15 et 16, où les états de vue meurent avec la session, et
elle est délibérée : la fenêtre temporelle et le filtre décrivent *ce qu'on
regarde*, une largeur de colonne décrit *l'écran sur lequel on regarde*. La
placer dans le planning imposerait à un portable la largeur choisie sur un
27 pouces ; ne pas la garder du tout obligerait à réajuster la poignée à chaque
ouverture, ce qui la rendrait inutile. `localStorage` est exactement le bon
rangement : local à la machine, hors des données.
## 19. Le nom d'une phase reste accroché au bord visible
Le libellé d'une barre était écrit à son bord gauche. Une phase de plusieurs mois
dont le début sortait de l'écran occupait donc toute la largeur de la vue sans
qu'on puisse lire son nom, parti sous la colonne des libellés.
Le nom vit désormais dans son propre élément, en `position: sticky`, calé sur la
largeur de la colonne — c'est-à-dire sur le premier pixel réellement visible de
la frise. Trois détails le rendent possible, et aucun n'est cosmétique :
- un `overflow: hidden` sur la barre en aurait fait le conteneur défilant de
référence, et le décalage n'aurait plus eu lieu. Le rognage du texte trop long
est donc porté par le nom lui-même, pas par la barre ;
- le décalage est plafonné par la boîte du parent, ce qui garantit que le nom ne
sort jamais de sa barre — d'où `inline-block`, qui laisse au texte la marge de
manœuvre qu'un bloc pleine largeur n'aurait pas ;
- quand le nom occupe presque toute sa barre, la marge s'épuise et il finit par
s'enfoncer sous la colonne. On lit alors sa fin plutôt que rien, ce qui reste
un progrès, et la colonne des libellés donne de toute façon le nom entier.
## 20. Ce que porte la ligne d'un projet
Trois commandes s'y étaient accumulées sans qu'on se demande si chacune méritait
sa place. Le tri s'est fait sur une seule question : cette action est-elle assez
fréquente pour valoir un bouton permanent ?
**L'œil disparaît.** Il faisait doublon avec l'entrée « Masquer de la frise » du
menu, qui reste. Le masquage est une décision durable sur un projet — on le pose
une fois et on l'oublie — pas un geste qu'on refait dix fois par séance. Depuis
que les tags existent (décision 16), c'est d'ailleurs le filtre qui répond au
besoin courant de dégager la vue. La fonction demeure, elle ne coûte simplement
plus de pixels à tout le monde en permanence. Le format de données est inchangé :
`hidden` reste un champ du projet.
**Le `+` apparaît.** Ajouter une phase est l'action la plus fréquente de l'outil,
et elle était enterrée dans un menu.
**Le nom du projet devient cliquable.** Il portait déjà `cursor: pointer` sans
qu'aucune action n'y réponde — un curseur qui promet et ne tient pas. Il ouvre
maintenant le dialogue des paramètres, ce que la main annonçait.
**Il n'y a plus de commande « Ajouter un jalon ».** Un jalon n'est pas un autre
objet : c'est une phase dont la fin rejoint le début, soit une case à cocher du
panneau au même titre que le statut. Deux entrées de menu obligeaient à trancher
avant d'avoir rien saisi, alors que la bascule reste possible ensuite dans les
deux sens. Une seule commande crée une phase ; on coche « Jalon » si c'en est un.
## 21. Un projet s'édite comme une phase
Les paramètres d'un projet — nom, couleur, tags — passaient par un `<dialog>`
modal à valider, quand ceux d'une phase s'éditaient dans un panneau latéral au
fil de la saisie. Deux formes pour la même opération à un niveau de granularité
près, avec deux modèles mentaux à tenir : ici on tape et ça s'applique, là on
tape et il faut confirmer.
Les projets ont rejoint le panneau (`js/projet.js`, jumeau de `js/detail.js`).
Même en-tête, même édition en direct, même bouton de suppression au bas du
formulaire. Les deux panneaux occupent le même bord de l'écran : ouvrir l'un
ferme l'autre.
**« Nouveau projet » ne demande donc plus rien.** Le projet est créé aussitôt
avec un nom provisoire, et le panneau s'ouvre avec ce nom présélectionné — on
tape par-dessus. C'est exactement le parti pris déjà retenu pour l'ajout d'une
phase (décision 13), qui cesse ainsi d'être une exception : plus aucune création
ne passe par un formulaire à valider.
Conséquences en cascade, toutes bienvenues :
- la couleur s'applique au clic sur sa pastille, donc la frise change sous les
yeux — le seul moyen de juger si la teinte se distingue de celle des couloirs
voisins, ce qu'un aperçu dans un dialogue ne montrait pas ;
- il n'y a plus de bouton « Annuler », donc plus le cas où fermer la fenêtre
perdait la saisie ;
- `creerDialogueProjet` disparaît de `menu.js`, qui ne garde que le menu
contextuel et la confirmation.
Le `<dialog>` natif reste pour cette dernière : sur une action irréversible,
interrompre franchement *est* le but, et le voile, le piège à focus et la
fermeture par Échap y sont gratuits.
Une contrepartie assumée : un projet créé par mégarde existe dans le fichier
même si l'on ferme le panneau sans rien saisir. Il porte alors le nom
« Nouveau projet », se voit sur la frise, et se supprime d'un clic depuis son
propre panneau — ce qui reste moins coûteux que d'imposer un dialogue à tout le
monde à chaque création.